Jacques Stosskopf, ingénieur français d’origine alsacienne, a marqué la Résistance et la Marine nationale. Son engagement sans faille lui a couté la vie : il a été exécuté au camp de Natzweiler-Struthof, en 1944. Aujourd’hui, la Marine se souvient et lui rend hommage en donnant son nom à un navire dont Colmar est la Ville marraine.
Jacques Stosskopf est né à Paris en 1898 dans une famille d’origine alsacienne. La Première Guerre mondiale interrompt ses études. Mobilisé de 1917 à 1919, il est décoré de la Croix de guerre. En 1920, il intègre l’École polytechnique avant de devenir ingénieur maritime en 1924.
À la veille de la Seconde Guerre mondiale, il est affecté à la base navale de Lorient. En 1940, face à l’avancée allemande, la Marine française détruit une partie des installations portuaires et évacue sa flotte vers Casablanca. Les Allemands prennent rapidement possession de la base navale, qu’ils transforment en service de réparation des sous-marins U-Boote. Tandis que l’aviation britannique bombarde le port, la Résistance s’organise au cœur de l’arsenal.
Pour la France libre

Germanophone grâce à ses origines alsaciennes, Jacques Stosskopf gagne la confiance de l’occupant. Officiellement, il supervise les travaux de l’arsenal. En réalité, il observe tout. Sans jamais éveiller les soupçons, il recueille de précieux renseignements et influe discrètement sur certaines décisions pour protéger ses compatriotes ouvriers.
Tout en restant ingénieur sous l’autorité du régime de Vichy, il est recruté par le service de renseignement clandestin de la Marine française et par la Résistance. Dès 1941, il met en place un réseau d’informateurs et transmet des renseignements sur l’activité des sous-marins allemands. Les réunions mensuelles d’ingénieurs organisées à Vichy lui permettent de communiquer les informations recueillies à Lorient.
Résistant jusqu’à la fin
Pendant près de quatre ans, il mène cette mission sans être démasqué. Le 21 février 1944, il est arrêté lors du démantèlement du réseau Alliance en Bretagne. Après plusieurs mois de détention, il est transféré, le 1er septembre 1944, avec 107 résistants au camp de concentration de Natzweiler-Struthof. Dans la nuit du 1er au 2 septembre 1944, Jacques Stosskopf est exécuté. Il a 45 ans. Sa mort et celle de ses camarades n’est connue qu’un an plus tard. Depuis 1946, la base sous-marine de Lorient porte son nom. Aujourd’hui, un nouvel hommage est rendu à ce héros de la Marine avec le bâtiment ravitailleur de force Jacques Stosskopf dont Colmar est la Ville marraine.

| La famille Stosskopf Jacques Stosskopf mène trois vies : celle d’un homme contraint d’obéir aux autorités allemandes, celle d’un résistant de l’ombre et celle d’un père de famille dévoué. En 1931, il épouse Marianne Hemmerlé, originaire de Schiltigheim, avec qui il a deux enfants, François (1932) et Élisabeth (1934). Afin de protéger les siens, il ne leur révèle jamais ses activités de résistant. Ce n’est qu’en 1945, alors que sa famille est évacuée à Quimper, que ses proches apprennent son sort. Sept membres de la famille Stosskopf, dont Claire, son arrière-petite-fille, et Jacques, son petit-fils, étaient présents à Colmar le 13 juillet à l’occasion de la cérémonie de parrainage. |
