Une explosion de couleurs, de vitamines, d’amour et de douceur. Voilà l’univers d’Aurélie Mansuy, alias Lili la boudeuse, une artiste colmarienne qui dessine et peint. Elle a réalisé en 2025 son tout premier mur de street art au festival “Alfred !” à Horbourg-Wihr.
Aurélie Mansuy se lève à 5h chaque jour et prend 1h pour dessiner ou écrire. « Si je ne le fais pas, je ne passe pas la même journée », dit-elle. Ainsi, l’artiste, qui aime dessiner le soleil, ne manque pas le réveil de cet astre. Enseignante en classe Sepga (Section d’enseignement professionnel et général adapté) à Wittenheim, elle se prépare ensuite pour le travail.
Originaire de Masevaux, Aurélie Mansuy peint et dessine depuis son enfance. « Je me souviens que mes parents avaient un meuble dans lequel il y avait plein de feutres et de feuilles. On piochait dedans, avec ma sœur, et on dessinait sur la table du salon en regardant des cassettes vidéo. » Sa passion se développe au fil de son adolescence. Après un Master d’arts plastiques à Strasbourg, elle travaille quelques années comme vendeuse en prêt-à-porter. Puis, l’envie d’enseigner émerge. Elle obtient alors, en 2014, un Master enseignement. « Ce travail me stimule énormément », déclare la femme de 41 ans, Colmarienne depuis 2007.
« L’arrivée de mon fils a été un catalyseur »

Un événement vient chambouler sa vie en février 2021 : elle devient maman. « L’arrivée de mon fils Eliott, a été un vrai catalyseur pour mon art. J’ai ressenti le besoin de compiler tout ce qu’on vit. Je suis angoissée par le temps qui passe trop vite, c’est aussi pour ça que j’écris beaucoup. » L’« urgence » de créer l’envahit.
Une rencontre va lui donner le coup de pouce nécessaire. En décembre 2024, Rosa Castelnau, gérante de la boutique Rosa bonheur concept store à Colmar, lui propose de vendre ses créations chez elle. Aurélie Mansuy, à cette occasion, crée sa micro-entreprise. Elle en profite pour participer à des marchés de créateurs. « Rosa a ouvert la voie », sourit-elle, reconnaissante. Pour 2025, elle se donne un objectif : réaliser sa première fresque murale. Et elle va l’atteindre, grâce à sa participation au festival de street art “Alfred !” à Horbourg-Wihr, fin septembre 2025. Pour cette fresque, elle choisit de représenter ses deux arrière-grands-parents, Marcelle et Paul, qui ont été séparés pendant la Première Guerre mondiale. Sur ce mur, ils sont ensemble, de dos, réunis par un beau soleil. « Mes parents ont récupéré des boîtes avec leur correspondance. Ça m’a bouleversée. Je voulais mettre en avant la beauté de leur histoire, de leur amour. »
Elle a placé son année 2026 sous le signe de l’« audace ». Elle va réaliser une nouvelle fresque à la brasserie du Grillen, qui sera inaugurée lors de l’Opening night organisée par le Lézard, le 27 mars 2026.
Je compte montrer qui se je suis, faire des projets
Peinture, dessin, création de petits objets… Aurélie Mansuy est lancée dans un élan de création. Pour décrire son style, elle emploie l’adjectif « acidulé » : « C’est comme un petit shoot de vitamines ! Ce sont des dessins qui font du bien, qui contiennent beaucoup d’amour et de douceur. » Comme des « bouffées d’oxygène » qui viennent repousser la morosité. Les femmes occupent une place centrale dans son art. Passionnée par la figure de la Statue de la liberté, elle se sent chanceuse de vivre dans la ville de son créateur.
+d’infos sur sa page Instagram : @lili_la_boudeuse
Son endroit préféré à Colmar : le secteur du Grillenbreit, notamment les fresques qui ornent ses murs.
Sa musique du moment : * “Les Champs-Élysées” de Joe Dassin : « Mon fils et moi la chantons tous les soirs », sourit Aurélie Mansuy. « Je me souviens l’avoir apprise en primaire. »
*“Sk8er Boi”, reprise de Waxx et Adé : « Celle-ci, mon fils et moi la chantons dans la voiture. »
Son artiste fétiche : « J’aime beaucoup Jean-Jacques de Castelbajac, l’apparente simplicité de son art et les couleurs qu’il utilise. Je citerais aussi Sophie Calle, une photographe qui crée des scénarios incroyables pour réaliser ses photos. »
“Lili la boudeuse”
Aurélie Mansuy n’est pas du genre à bouder. Au contraire, elle aime partager sa joie. Son nom d’artiste, “Lili la boudeuse”, contraste avec son caractère. Et c’est fait exprès. « Selon la légende, quand j’étais petite, je pouvais bouder », explique-t-elle. L’artiste a voulu faire un clin d’œil à cette légende, quand il a fallu choisir un nom d’artiste. « J’aime bien ce mot enfantin. »
