Les Colmariens ont du talent !

L’intégration par la langue avec Nadine Soundarjee

Nadine, vous êtes née à Madagascar, d’origine indienne, et avez déménagé à l’âge de 15 ans au Canada. Vous avez également vécu en Angleterre avant d’arriver à Colmar en 2008. Qu’appréciez-vous de votre vie colmarienne ?

Colmar, c’est une vraie carte postale ! Une histoire est présente à chaque coin de rue. Et puis ici, avec la floraison des plantes qui dure des mois, nous avons le printemps le plus merveilleux ! C’est une nouvelle façon de vivre pour moi, avec de délicieuses découvertes culinaires ! J’aime la choucroute au poisson, la tarte flambée… mais surtout les tartes aux myrtilles ou au fromage blanc : un vrai régal ! Ce qui m’a marquée, c’est l’accueil dont j’ai bénéficié, l’intégration s’est faite très rapidement. Colmar, c’est une grande ville avec un esprit village ! À chaque fois que je me promène, je croise une connaissance.

Lors de votre arrivée, vous avez intégré le Secours populaire, où vous donnez des cours de français.

Les cours sont donnés gratuitement et par groupes de niveaux au centre Europe. Ils visent surtout à aider les personnes à s’intégrer car l’adaptation dans un pays passe principalement par la langue ! Ce sont des temps d’échanges qui permettent un réel accompagnement. Pour découvrir l’étendue de la culture française, la Salle Europe nous permet d’assister à certaines représentations. Je suis arrivée à Colmar sans connaissances ni famille. Le Secours populaire et le centre socioculturel Europe sont devenus comme ma deuxième famille…

De quels horizons viennent les personnes qui participent aux cours de français ?

Ce sont principalement des demandeurs d’asile, des Marocains, des Maliens, des personnes du Kurdistan, des Kazakhstanais, des Afghans, des Géorgiens… J’ai même donné des cours à un procureur russe ! Mais aussi à des personnes qui habitaient Colmar depuis des années. Elles parlaient bien français mais ne savaient pas l’écrire. 

Que retirez-vous de cette action ?

C’est extrêmement enrichissant comme échange. J’apprends beaucoup lorsque les personnes me racontent leurs parcours et ce qu’elles ont traversé. Je suis enseignante pour les enfants en grande difficulté et n’avais donc jamais travaillé avec des adultes, mais je trouve cela très intéressant. C’est un autre mode d’apprentissage… sans la discipline à faire (rires).

Avez-vous d’autres missions au sein du Secours populaire ?

Au-delà des cours de français, j’aide à l’organisation des événements de l’association, aux kermesses, à la boutique, etc. Je participe également aux activités variées proposées par le centre socioculturel : cours de gym, jardinage, marche… 

Quelles ont été vos impressions dans les différents pays où vous avez vécu ?

Au Canada, ce qui m’a frappée en premier, c’est la grande taille et la propreté du pays. L’intégration a été facile car je parlais français, même si comprendre l’accent était parfois compliqué. J’adore les hivers également : c’est une autre façon de vivre, avec des journées où il n’est pas possible de sortir de chez soi. Après 40 ans et pour des raisons professionnelles, nous sommes partis, avec mon mari et mes deux enfants, en Angleterre. Là-bas, la météo était difficile. Lorsque je suis arrivée à Colmar, je connaissais très peu la région mais je ne regrette pas une seconde d’être venue ! J’ai rapidement rencontré des personnes qui m’ont immédiatement intégrée.


«In Colmar We Pulse» avec Guillaume Lenys

Vous êtes très impliqué dans le milieu associatif local, quel est votre parcours ?

Mon évolution est intimement liée aux Colmariens qui m’ont entouré, épaulé et guidé. La bienveillance dont j’ai toujours bénéficié à Colmar me donne envie d’être acteur de ma ville. Et m’investir, au travers de domaines qui me passionnent, c’est ma bouffée d’oxygène. Je fais partie du comité du Stadium racing Colmar foot et de l’Office municipal des sports.

En 2016, j’ai créé l’association « In Colmar We Pulse », clin d’œil à la radio libre des années 1980 « Colmar Pulse ». Au travers d’une page Facebook, je fais découvrir des musiques. Pendant les confinements, pour garder le contact et permettre à tous de s’évader, j’ai organisé des Facebook live sous forme de blind tests. À la manière d’une radio participative, chacun transmet ses musiques et nous les commentons ensemble. C’est aussi par ce biais que j’ai rejoint la famille « Hiéro », qui organise des concerts et des festivals dont mon préféré : le festival Natala.

Passionné de sport, de musique… mais aussi d’art, vous êtes également à l’initiative de l’association de street art le « Mur Colmar ». Pouvez-vous nous en parler ?

Cette aventure a débuté en 2018 après ma rencontre avec Bob Jeudy, fondateur de la fédération « Le M.U.R ». L’objectif est d’inviter toutes sortes d’artistes, en faisant la part belle aux locaux, à intervenir sur des murs, des façades d’immeubles ou autres structures. Cela permet de rendre plus accessible cet art du 21e siècle. Une initiative très bien reçue par les habitants de tous les âges ! C’est même devenu un moment attendu pour échanger avec les artistes…

Quelles réalisations l’association compte-elle à son actif ?

Les immenses fresques réalisées rue des jardins ont marqué les débuts de l’association (en collaboration avec la Villa Tschaen). Et comme le street art est une démarche artistique qui se veut éphémère, l’un des murs (le plus proche de la salle de spectacle Le Grillen) est renouvelé régulièrement. Les interventions artistiques sont libres et multiples. Après avoir été attentif à l’univers artistique, j’aime me laisser la surprise de la réalisation.

Depuis le début de l’année, nous avons également initié de beaux projets dans les communes de l’agglomération, dont Horbourg-Wihr, Riedwihr et Sainte-Croix-en-Plaine. Le « Mur Colmar » est par exemple mobilisé aux côtés de la société Arkédia à Turckheim pour l’organisation d’un festival de street art, « Arkedi’art », en plein cœur du vignoble. Cette année, pas moins de 32 artistes renommés sont intervenus en l’espace de deux jours (12 et 13 juin) !

Comment peut-on apporter sa contribution à l’association ?

Pour intégrer l’association, une adhésion est nécessaire car c’est principalement par ce biais qu’elle fonctionne. Je fais parfois appel aux bénévoles pour loger les artistes ou aider à l’organisation d’événements, comme pour le festival « Arkédi’art ».

Vous essayez de transmettre votre sensibilité artistique aux jeunes, dites-nous en plus.

J’interviens à l’IUT de Colmar pour accompagner les projets tutorés de deux groupes d’étudiants : « organisation d’un événement » et « réalisation d’une fresque ». Pour cela, je leur donne des clés, en leur faisant part de mon expérience. C’est dans ce cadre que des groupes d’étudiants ont pu jouer devant le public du festival « Arkédi’art ». 

J’essaie aussi de leur inculquer le fait d’aller directement à la recherche de la culture et non de la consommer de manière passive, au travers des médias notamment.


Un parcours atypique ?
Un projet original ?

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