L’été est là, et avec lui s’ouvre la saison des festivals. Le Pôle média-culture Edmond Gerrer de Colmar vous propose de découvrir la programmation éclectique de Décibulles, qui se tiendra à Neuve-Église (Bas-Rhin) les 10, 11 et 12 juillet 2026. Sans plus attendre, voici une petite sélection d’albums à retrouver à la médiathèque.

The Libertines, Up the Bracket (2002)

You got the devil on your side
« I Get Along », The Libertines
Premier album du groupe londonien formé par Peter Doherty et Carl Barât, Up the Bracket est un concentré de rock alternatif survolté, pendant tardif et irrévérencieux de la britpop (Blur, Oasis…). Produit par Mick Jones (The Clash), ce disque fait honneur à ses racines punk (notamment par son côté faussement artisanal, délicieusement brouillon), sans perdre de vue la puissance mélodique de Doherty. Si vous aimez les guitares stridentes et les voix nonchalantes, vous serez servis !
Fat Dog, Woof. (2024)

We are all just dogs gnashing our teeth at the moon
« Vigilante », Fat Dog
Comment résumer l’énergie qui se dégage de Woof. sinon par ceci : soyez intranquilles ! Lorsque Fat Dog vous propose un rock alternatif infusé à la techno et aux motifs folkloriques klezmer, il est difficile de rester de marbre. Le groupe anglais prend plaisir à embaumer son auditoire dans un éther de saturations et de textures électroniques, de rythmes syncopés, où cris et voix tantôt scandées tantôt caverneuses tentent de se faire une place jusqu’à l’apothéose. Pour autant, Woof. ne se résume pas à 33 minutes de pure liturgie énervée. Fat Dog n’est pas avare en détours planants et mélancoliques (« Clowns » se clôt sur un piano seul, et vraisemblablement éloigné du micro).
Thylacine, ROADS – vol.1 (2019)

Tout est dans le titre (et sur la pochette de l’album). Roads – vol.1 est un périple sur les routes d’Argentine. Thylacine absorbe l’ambiance du paysage qui défile et la synthétise sous forme de textures vaporeuses, de boucles de cordes réverbérées aux accents baroques, de voix et de chœurs qui se fondent dans le décor sonore. Les instruments acoustiques ont une place prépondérante (piano, kalimba, saxophone, percussions diverses…). L’artiste les sample et les redécoupe en motifs rythmiques dynamiques. Fidèle à son style, l’Angevin ponctue son odyssée de montées épiques, et va jusqu’à se permettre une accolade hip-hop avec l’américain Mr J. Medeiros, moitié du duo Alltta.
De La Soul, Cabin in the Sky (2025)

Is there a Dave here? Dave? Dave?
« Cabin Talk (album intro) », De La Soul
Giancarlo Esposito (acteur connu notamment pour son rôle dans Breaking Bad) en maître d’école faisant l’appel des différents artistes présents… ainsi débute le 9e album album du trio culte de hip-hop De La Soul, fraîchement arrivé dans nos collections et rapidement labellisé ‘’coup de cœur’’. Cabin in the Sky est un hommage posthume à Dave Jolicoeur (alias Trugoy the Dove), membre du groupe décédé en 2023. Absent à l’appel, il apparaît néanmoins tout au long de l’album. Sans jamais succomber à l’excès de nostalgie, ce disque est un concentré de hip-hop à l’ancienne : storytelling, flows fluides et sans artifices, choix varié de samples majoritairement puisés dans les années 70-80 (Bananarama, Roy Ayers, Ahmad Jamal, Boston…). Lumineux et groovy, Cabin in the Sky compte aussi une pluie de collaborations : Nas, Q-Tip (A Tribe Called Quest), Yukimi (Little Dragon), Common, Killer Mike (Run The Jewels) pour n’en citer que quelques-uns.
Suzane, Toï Toï (2020)

On a cassé la planète, il est où le SAV ?
« Il est où le SAV ? », Suzane
Lorsque la chanson française rencontre la dance music, on obtient Suzane. Avec ce 1er album, l’artiste avignonnaise se propulse au-devant de la scène grâce à des textes percutants, des rythmes entrainants inspirés du hip-hop, des mélodies entêtantes, le tout savamment assaisonné de sonorités électroniques (frôlant parfois techno et dubstep). En bref, un cocktail idéal pour danser, non sans une pointe occasionnelle de mélancolie (« Novembre » à l’appui).
Fatoumata Diawara, London Ko (2023)

Pop groovy, folk contemplative (sur le titre « Sete »), néo-soul (« Somaw »), musique malienne, blues, jazz, hip-hop (« Mogokan »), un soupçon d’électro… Vous l’aurez deviné, London Ko est un album difficilement classable. En revanche, la voix chaleureuse de Fatoumata Diawara et le son clair de sa guitare sont reconnaissables entre mille. London Ko (comprenez London-Bamako) est un album solaire et rafraichissant, idéal pour l’été qui s’annonce. Au casting : Damon Albarn (Blur, Gorillaz), Angie Stone, -M-, Roberto Fonseca, le rappeur M.anifest et la chanteuse Yemi Alade. Mention spéciale pour l’aérien Moussoya et ses chœurs harmonieux.
Bien évidemment, cette sélection est non exhaustive. Seront également de la partie Madness, Last Train, Yamê, Brutalismus 3000, Rim’K, Louise XVI et bien d’autres. Alors en attendant juillet, rendez-vous au 2e étage du Pôle Média-Culture, secteur Musique, Cinéma et Arts !
+ d’infos : bibliotheque.colmar.fr
